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SESSION « WELCOME », témoignage

mercredi 24 août 2016

 

Qu’est-ce que la session « Welcome » ?

Comme chaque année, la Cellule Accueil (organisme conjoint de la Conférence des Évêques de France et de la Conférence des Religieux et Religieuses de France organise deux sessions  » Premier Accueil (Welcome) « . 

Ces sessions s’adressent à celles et ceux qui viennent d’arriver, prêtres diocésains, religieux et religieuses en raison des chocs culturels ressentis à l’arrivée en France, elles donnent une information sur la société française et sur l’Église et la mission en France ; elles veulent aussi permettre une réflexion sur : en ministère pastoral ou en congrégation, vivre ensemble et s’accueillir mutuellement avec des cultures différentes.

 

Témoignage des Pères Patrick et Antoine :

L’Église est Une Sainte et Apostolique, Une Église aux multiples visages : communautés différentes dans chaque région, différences encore plus grandes au niveau de la France ou dans le reste du monde sur tous les continents. La manière de vivre en Église est bien différente selon les réalités locales, politiques, sociales. Pourtant dans le Credo, les chrétiens affirment que l’Église est UNE.

Comme prêtres religieux de cette Église qui  arrivent  récemment en France, le risque est de tomber dans le piège  de comparaison avec l’Église d’où on vient.  Et cela peut aller, si on ne fait pas attention, au jugement voir à la condamnation de certaines façons de faire. Plusieurs questions passent à la tête quand on arrive dans un milieu différent du milieu habituel. En réponse  à cette préoccupation, l’église de Dieu en France, par la conférence épiscopale a eu des initiatives sages  d’organiser chaque année pour les nouveaux arrivants en France des sessions de formation pour des prêtres et  pour les religieux et religieuses résidant en France depuis une année.

Le Père Patrick et Moi, arrivés depuis 4 septembre, avions participé à la session organisée pour les religieux et religieuses. C’était pour nous une occasion bonne de participer à la session du 22 /02/ au 26/02/ 2016 tenue à Orsay.

La session a tourné autour de trois thématiques  ou préoccupations avec des interventions soutenues par un personnel expérimenté : notamment, comment s’accueillir mutuellement dans nos différents. Le défi de l’inter-culturalité, la rencontre avec l’autre différent de Moi, pose toujours des questions. Alors qu’on s’interdit de vivre en ilot, l’effort est de comment vivre les différences de manière positive. Il faut du temps, de longs moments passés ensemble à s’apprivoiser, à se courtiser, à apprendre à se connaitre, à tisser des relations, à se faire confiance. Cela passe des fois en  testant l’autre avant  de commencer vraiment à engager des échanges, de partage  d’idées, des pensées de ce qu’on  ressent au plus profond de soi-même.

 La deuxième préoccupation à laquelle, l’arrivant missionnaire doit tenir compte, est que la mission au cœur de la société française  suppose la compréhension que la France par son histoire reste un pays blessé. 

D’où dans la dynamique de la pastorale en France,  le religieux ou religieuse dans son approche pastorale doit tenir compte de cet aspect. Partir en mission exige « le quitter » donc de partir  vers l’inconnu comme Abraham.  Cela  demande de savoir regarder les gens avec amour, ils sont à Dieu, les aimer comme ils sont pour avancer avec eux.

La France est un pays qui présente comme partout à ailleurs des défis  au regard  à ses blessures  liées à son histoire. Par conséquent,  la vie religieuse elle aussi fille de cette histoire, est marquée non seulement par la crise de la modernité, d’une nouvelle vision du monde  mais encore et surtout  par le vieillissement de son personnel.  D’où ceci change automatiquement  la mission louée aux communautés religieuses.  Le choix et champ missionnaire, changent, ils cèdent la place à un apostolat de la créativité c’est-à-dire l’apostolat  passe de la présence à celui  de l’être. Le choix missionnaire n’est plus institutionnel. Les auteurs de la mission sont autres d’où la mission en France est moins dans le fait mais dans l’être, il faut des communautés qui sont proches des gens : proximité. La communauté peut être  de prière, de présence ainsi donc il faut être attentif aux appels de l’Esprit.

En conclusion, chaque personne ou chaque peuple représente une richesse et des valeurs. Ainsi en approchant un peuple différent du sien, non seulement on apporte mais aussi on reçoit. L’esprit est en œuvre quel que soit le temps ou la situation. Il  devance  les efforts missionnaires, il suffit de lui faire confiance, Dieu par son Esprit, travaille en tenant compte des attentes de son peuple. 

 

    Pères PATRICK et ANTOINE, religieux du très Sacrement