Frères et sœurs diocésains
Les turbulences que traverse notre monde suscite de vives inquiétudes. Elles sont légitimes et fondées ! Le recours aux armes meurtrières qui se substituent à la diplomatie et au dialogue, font peser de lourdes menaces sur la paix.
J’invite les communautés du diocèse à faire monter vers la Seigneur nos prières pour le Paix, par l’intercession de la Vierge Marie, Reine de la Paix.
A ces prières ferventes, joignons des attitudes, des paroles et des gestes de fraternité, à même de pacifier notre environnement et nos relations au quotidien. Nos prières pour la Paix dans le monde ne seront crédibles que si nous œuvrons concrètement pour pacifier notre espace social, refusant clairement tout discours de haine, de violence et de rejet de nos frères et sœur en humanité.
Au message du pape Léon, je joins le témoignage du Père Louis El Rahi, prêtre d’origine libanaise, curé-archiprêtre de Calvi en Corse. Le Père Raymond BASSIL, professeur à l’Université maronite Saint-Esprit de Kaslik, rend hommage au pasteur que fut le Père Pierre Al-Rahi qui qui a voulu demeurer avec sa communauté et fut victime des bombardements au Sud Liban. Le Père Raymond salue le pasteur qui a fait honneur à une Eglise-Mère, solidaire de ses enfants.
Ces témoignages personnels nous permettent de mesurer la profondeur des drames humains qui se jouent dans cette guerre, sans oublier celle qui dure en Ukraine. Ces conflits menacent de se mondialiser !
12 mars 2026
+ Jean-Luc BRUNIN, évêque du Havre
Message du Saint-Père à l’issue de l’Angelus du 3ème dimanche de Carême (8 mars 2026)
Chers frères et sœurs,
Des nouvelles profondément inquiétantes continuent d’arriver d’Iran et de tout le Moyen-Orient. Aux épisodes de violence et de dévastation, au climat généralisé de haine et de peur, s’ajoute la crainte que le conflit ne s’étende et que d’autres pays de la région, parmi lesquels le cher Liban, ne sombrent à nouveau dans l’instabilité.
Nous élevons notre humble prière vers le Seigneur, afin que cesse le bruit des bombes, que les armes se taisent et qu’un espace de dialogue s’ouvre, dans lequel la voix des peuples puisse se faire entendre. Je confie cette supplication à Marie, Reine de la Paix : qu’elle intercède pour ceux qui souffrent à cause de la guerre et qu’elle accompagne les cœurs sur les chemins de la réconciliation et de l’espérance.
Témoignage du père Louis El Rahi, prêtre d’origine libanaise, archiprêtre de Calvi (Corse)
Hier, pour la première fois, à la question « Comment ça va ? », mon père a répondu : « Mal. »
Lui qui relativise toujours — parfois même trop — a laissé paraître des signes de désespoir. Ma famille n’est heureusement pas sous les bombes, mais leur moral est en ruines, comme celui de tout un peuple.
Cette guerre est en train de briser ce que l’on croyait incassable : la fameuse résilience libanaise. Il faut que le monde en prenne conscience.
Le Phénix, autre nom du Liban, risque cette fois de ne pas se relever.
Message du Père Raymond Bassil, professeur à L’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK)
Une Église sans entrailles est une Église qui a perdu la capacité de souffrir avec son peuple, de les écouter, de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui espèrent. Lorsque certains pasteurs ne cherchent plus qu’à protéger leurs intérêts, leur pouvoir ou leur image, ils trahissent la mission même qui leur a été confiée : celle de servir […]
Une Église qui oublie d’être mère risque de devenir une structure sans âme, une institution qui impose mais qui ne console plus, qui commande mais qui n’accompagne plus […]
Merci père Pierre Al Rahi pour ton témoignage éloquent. Tu es parti très tôt. Mais tu intercèdes pour chacun de nous auprès du siège de l’Agneau immolé.