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Après la CIASE

lundi 4 juillet 2022Diocèse

Depuis près de vingt ans, vous entendez parler d’agressions sexuelles commises par des personnes, prêtres, religieux ou laïcs en service d’Eglise, à l’encontre d’enfants ou de jeunes mineurs. Plus récemment, les victimes se sont exprimées publiquement, elles se sont regroupées en associations pour que leur parole soit plus audible et que leurs souffrances soient entendues et vraiment prises en compte.

L’expression des victimes a été un appel clair formulé en direction des évêques. Ceux-ci ont décidé de confier à une Commission indépendante, la CIASE, présidée par Mr SAUVE, la réception des témoignages des victimes, une analyse des mécanismes conduisant à de tels crimes contre des mineurs et des personnes en fragilité. La Commission a aussi procédé à une investigation des archives dans les diocèses, en remontant jusque dans les années 50.

Le rapport de la CIASE a ainsi mis à jour des faits avérés et indéniables. Malgré les polémiques qui ont entouré la publication de ce rapport et les chiffres avancés, les évêques ont refusé toute posture d’esquive et de faux-fuyant. Il a donc été décidé de prendre réellement en compte les préconisations contenues dans le rapport. Dans notre diocèse, j’ai confié à un groupe de travail dont la composition est présentée dans ce document, le soin d’organiser et de suivre cette mise en œuvre pour refaire de notre Eglise, une « maison sûre ».

“ Le silence, l’indifférence, une déférence mal ajustée, ne doivent plus supplanter le devoir d’interpeller et d’alerter quand est repéré un problème… ”

Je salue la publication de ce document. C’est un beau travail qu’a réalisé cette équipe missionnée. Je souhaite que les paroisses, les services, les mouvements et les établissements catholiques d’enseignement, puissent se l’approprier et encourager ainsi à la vigilance et à la formation de ceux et celles qui interviennent pastoralement auprès des enfants et des jeunes.

Le silence, l’indifférence, une déférence mal ajustée, ne doivent plus supplanter le devoir d’interpeller et d’alerter quand est repéré un problème de comportement de la part de personnes en position d’éducation auprès des mineurs, qu’elles soient prêtre, diacre, religieux ou laïc, bénévole ou salarié.

Puisse ce dossier devenir un outil précieux pour nous exercer à une réelle vigilance mutuelle dans tous les lieux d’Eglise où des jeunes sont rassemblés et accompagnés. Outre le respect absolu de l’intégrité physique, psychologique, morale et spirituelle des jeunes et des personnes vulnérables, il en va aussi de la crédibilité de l’Eglise, de sa parole et de sa mission.          

+ Jean-Luc BRUNIN, Évêque du Havre