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Témoignage du Père Martin LUZI, missionnaire du Verbe Divin – Jeudi 18 octobre 2018

dimanche 20 janvier 2019Non classé

Témoignage du Père Martin LUZI, missionnaire du Verbe Divin,

sdv à l’insertion pastorale dans le diocèse du Havre

 

  1. Histoire de ma vocation

Je suis né dans une famille chrétienne.
Le dimanche, notre Papa, nous obligeait tous à participer à la Messe.
Fort malheureusement, je n’étais pas intéressé du tout. Ce qui m’intéressait, c’ était le football.
Pendant que les autres le matin, prenaient le chemin de l’église, moi, à mon tour, je sortais par la porte de derrière pour aller jouer au football.
Et je ne revenais à la Maison que dix minutes après la sortie de la Messe.
Seulement, je passais par l’ église pour lorgner l’ ornement porté par le prêtre.
En effet, notre Papa nous posait souvent une question pour s’ assurer que tous ses enfants étaient bien à la Messe. Il pouvait ou bien nous demander quelle tenue portait le prêtre célébrant ou alors de lui dire l’évangile du jour.
Si tu n’étais pas à la Messe sache bien que tu étais châtié toute la journée.

J’ avais beau être malin, mon père m’ attrapait toujours. Et j’étais contraint d’aller à la Messe chaque dimanche.

Pendant la messe j’admirais le prêtre et la beauté de la cérémonie et c’ est de là que m’ est venu le désir de servir le seigneur comme prêtre. Comme beaucoup d’ autres jeunes de mon âge, je me suis engagé dans le mouvement focolari, appelé aussi génération nouvelle. Ses membres sont appelés les GEN .

Un jour, lors d’ un séminaire biblique, un prêtre jésuite, un bibliste, nous a expliqué les évangiles avec une ardeur et une passion extraordinaires . Il m’ a communiqué sa flamme et son enthousiasme . Et c’ est alors après ce séminaire biblique que j’ai ressenti cette vocation . Mais devenir jésuite, ne correspondait pas à mon appel. Pour moi, la place des jésuites se trouvait davantage dans les écoles et les centres de retraite ou de recueillement. Je voulais avant tout entrer dans une congrégation qui s’occuperait de la proclamation de la parole de Dieu, pour aller l’expliquer en priorité dans les séminaires bibliques et aussi dans une congrégation qui accorderait la priorité aux pauvres : des missionnaires qui iraient évangéliser les campagnes.

 

Un jour, pendant notre colonie de vacances, notre groupe de focolari, les GEN est parti à cinquante kilomètres  de notre paroisse. Dans cette contrée, les paroisses n’ avaient pas de prêtres pour dire la messe . Tout était fait par des laïcs . Bien sûr, après les séances de réflexion en commun et les conférences, nous avions besoin de recevoir les sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation. Comme nous n’avions pas de prêtre, nous faisions alors une confession personnelle . Chacun écrivait tous ses péchés sur un bout de papier . Nous étions autour du feu et on jetait tous les papiers dans le feu en chantant les chants pénitentiels .Les deux dimanches passés dans cette paroisse, nous n’ avons donc eu que les célébrations de la parole . J’ avais devant les yeux cette foule immense dans l’église qui avait besoin d’un prêtre pour les sacrements, mais il n’ y en avait aucun parmi eux . A mes yeux, j’ai vu que Jésus avait besoin de moi . Il avait soif de moi pour que j’ aille au secours de son  peuple abandonné à lui-même . Au fond de moi, je ressentais un attrait très fort pour devenir prêtre . Je sentais un appel véritable pour me mettre au service de la moisson du Seigneur .

Au retour, j’ en ai parlé avec mes parents, et mon curé. Ils étaient d’accord . Mais je voulais trouver une congrégation missionnaire qui s’occuperait vraiment d’ apporter  la parole de Dieu là où la présence de l’ Eglise n’ est pas encore vivante et surtout aux  hommes non évangélisés .

 

Un jour, pendant la journée des vocations, on nous a parlé des charismes des différentes congrégations . Le conférencier avait parlé aussi des Missionnaires du Verbe Divin qui avaient le style de vie auquel j’aspirais dans mon cheminement spirituel . Après cette journée de réflexion, j’ étais très content d’entendre parler de ladite congrégation des Missionnaires du Verbe Divin J e les ai rapidement contactés et c’ est naturellement que j’ ai adhéré à cette congrégation et commencé ma formation.

 

  1. Témoignage missionnaire en RDC

 

Comme déjà dit plus haut, les missionnaires du verbe divin, sont appelés à apporter la parole de Dieu aux non évangélisés, surtout là où l’ Eglise locale est vraiment dans le besoin d’ un soutien missionnaire . Les Missionnaires du Verbe Divin ont également pour tâche de créer des petites communautés de base réunies autour des écritures . Notre outil de travail est la parole de Dieu dans les écritures saintes. C’est pourquoi notre Père fondateur, saint Arnold Janssen, a dès le début ouvert des imprimeries pour nous faciliter la tâche d’annoncer la parole de Dieu . En République Démocratique du Congo, RDC, les missionnaires du verbe divin possèdent une maison d’ édition de la Bible. Nous travaillons sur la traduction de la Bible en différentes langues africaines pour aider le peuple de Dieu à connaître les écritures dans sa langue locale. Toutes ces publications sont envoyées dans des paroisses qui sont nos champs apostoliques. Les missionnaires du verbe divin animent dans les paroisses des séminaires bibliques de base pour les fidèles et ces derniers peuvent pendant le week-end approfondir leurs connaissances dans nos centres d’apostolat biblique . En plus des séminaires bibliques, nous avons les séances de lectio divina ainsi que les émissions bibliques à la radio et la télévision. Cet apostolat est apprécié par la conférence épiscopale du Congo qui a demandé aux Missionnaires du Verbe Divin de coordonner l’ apostolat biblique dans toute la république .

 

Les Missionnaires du Verbe Divin s’ occupent aussi de la justice, de la paix, et de l’ intégrité de la création, en sigle: J. P. I. C. En RDC, la crise économico-financière  et surtout la situation de guerres qui s’ y rajoute,  ont des retombées négatives sur l’ explosion du nombre des naissances . Beaucoup d’enfants sont abandonnés dans  les rue de Kinshasa car la capitale de la RDC est pour le moment un lieu épargné par les guerres. C’est la raison pour laquelle  beaucoup de familles en provenance des lieux d’ insécurité affluent vers la capitale. Les familles qui se réfugient à l’ abri de la guerre, n’ont souvent pas de moyens de subsistance . Elles sont déracinées . Les enfants se jettent dans la rue pour y chercher de quoi manger. Cette situation dramatique est la cause de fléaux tels que le viol ou l’ apparition des kulunas,  ces jeunes sans espoir qui luttent par tous les moyens, violence et agressions,  pour assurer leur propre survie . Comme missionnaires du verbe divin, nous les considérons comme non évangélisés. Nous les aidons à échapper à ces fléaux en les éduquant dans nos foyers d’ hébergement appelés  oeuvre de réinsertion des personnes et des enfants de la rue, en sigle: O. R. P. E.  R. Les confrères SVD partent dans les rues avec nos collaborateurs pour rencontrer ces groupes d’ enfants abandonnés .

 

Les plus petits n’ont aucun soutien car ils sont ou bien issus de viols – leurs  mamans refusant de les voir, car ils leur rappellent ce  qu’ elles ont  vécu pendant leur viol – ou bien victimes de la guerre qu’ont fuie leurs parents . Ils se retrouvent le soir sans abri dans la capitale ou dans une autre ville . Ces enfants n’ont aucun moyen de se nourrir et se vêtir . Certains parents sans abri envoient leurs enfants dans la rue faire la manche en fin de journée auprès des gens qui rentrent de leur travail . Souvent, des hommes respectables veulent  abuser des jeunes  filles en échange d’ un morceau de pain . Car ventre affamé  n’a pas d’oreille. Il attire la fille sur une terrasse grâce à son gâteau et son soda . Ils se retrouveront ensuite dans une boîte de nuit et tout cela aboutira à une grossesse. En RDC, la coutume ne permet pas de garder une fille mère dans le foyer. C’est déshonorer les parents. Ces derniers finissent toujours par chasser  la fille mère car elle n’est plus respectable dans sa famille.  Elle préfère alors trouver refuge dans la rue.

 

Par ailleurs, existe actuellement, le phénomène « udjana » . Abuser d’ une fillette est pour certains un fruit savoureux . Par notre action d’ évangélisation dans nos champs apostoliques que sont les paroisses, les missionnaires SVD , participent à la lutte contre ces fléaux.

 

Il y a beaucoup à faire dans cet apostolat, mais ce qui nous manque le plus, ce sont des moyens matériels pour assurer la subsistance et l’ éducation de ces enfants . Le nombre des enfants de la rue s’ accroît de jour en jour. Nous manquons aussi de lieux d’ hébergement pour faire face à l’ augmentation du problème . Ces enfants sont toujours là, comme la foule qui suivait Jésus . Nous rendons grâce à Dieu souvent avec l’assistance de nos paroissiens . Le dimanche à la Messe, il y a un panier de secours pour la caritas et les nécessiteux . Il y a aussi des gens de bonne volonté qui nous viennent en aide. Nous avons ouvert des écoles dans nos paroisses pour minimiser le coût de l’éducation de ces enfants abandonnés. Ils vont ensemble à l’école avec les enfants qui viennent des familles régulières. Nous les éduquons  ensemble.

 

L’expérience est positive car, une fois devenus des adultes mûrs et considérés dans la société, beaucoup prennent en charge à leur tour les petits abandonnés en les insérant dans leur famille biologique.

 

Dans les séminaires bibliques de base, les laïcs prennent conscience de leur situation sociale . Ils sont appelés à libérer le peuple qui souffre de l’oppression. Ils mettent la parole de Dieu au centre de leur vie dans toutes les difficultés qu’ils rencontrent dans la vie quotidienne comme les enfants d’ Israël en marche vers la terre promise . Ils marchent toujours avec leur Bible en mains surtout celle en langue locale. Ils voient toujours la présence de Jésus en eux .

C’est le fruit positif de notre apostolat,  le peuple de Dieu prend la parole de Dieu comme son arme qui est plus tranchante qu’ une épée à double tranchant.

 

Nous demandons a ceux out celles qui ont la Bonne volonté de soutenir et visiter cette mission, voici Notre contact:

Missionnaires du Verbe Divin, svd

432, avenue des éléphants

Commune de limete

BP 7463, KINSHASA 1